RECOUVRANCE Située sur la rive droite de la PENFELD,
la commune de RECOUVRANCE est rattachée à la Ville de BREST depuis 1861
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Le quartier de
RECOUVRANCE
sur la rive droite

La Rue Saint Malo

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Lavoir de la
Rue Saint Malo

Le plateau des Capucins
tout près de
la rue St Malo,
tourne une page
de son histoire

Les ateliers des Capucins
Une petite visite
des Capucins

Photos en ligne

Le Petit Jardin

Salle de bals
1865-1967
KERVALLON
La maison du corsaire
L'Histoire
Les falaises de
POULLIC AL LOR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


1667


Rive droite 1829


La prison de Pontaniou et le Bâtiment aux lions (vue du plateau des Capucins 2004)
Photos Karine Guillon

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« Presqu'aussi efficacement isolé vers l'ouest, par la voie automobile que par un rempart, Recouvrance est strictement séparé de l'arsenal et des terrains militaires.
Les hauts murs de moellons disparates développent une clôture ininterrompue de la Pointe jusqu'à Quéliverzan. Rien n'est plus instructif que de la suivre un instant, rue de la Tour ou rue de l'Église, et de relever les rapiéçages, les réemplois, les différences de matériau (les granites gris et rose, le gneiss dominant, la pierre jaune de l'Ile Longue), de noter aussi les compléments dissuasifs que sont les barbelés, les barrages électriques, les grilles hérissées, les casemates épaulant les rares portes.

La rue Saint Malo -vestiges du patrimoine populaire des XVIIIème et XIXème siècles
Oui, le quartier reste dans ses limites étroites de jadis. Sans doute tenons-nous une des clefs de son caractère. Éclairant cette permanence, une remarque, écrite il y a près de cent cinquante ans, reste d'actualité : «Tout.est envahi par la marine et par l'armée ». Cela se vérifie, de la caserne de la Gendarmerie maritime au sud jusqu'au bâtiments récents, loin vers le nord, où se prépare la guerre des mines. Comme jadis, l'essentiel se tient au ras de l'eau, sur la rive de la Penfeld, depuis les bâtiments volumineux de l'artillerie navale jusqu'aux ateliers du Salou, en passant par la Direction des constructions et armes navales, au pied du plateau.
Comme jadis, demeurent de plain pied avec la ville civile deux établissements importants et actifs : Proche du pont, la Caserne des marins et au-delà de Pontaniou, les ateliers des Capucins, sans parler du fragment de l'austère Caserne Kervéguen qu'occupe la Sécurité Militaire.


Plan-relief de Brest Recouvrance - 1810
Le plateau des Capucins et son monastère, la prison de Pontaniou, la caserne du 2ème dépôt, et les bâtiments militaires des rives de la Penfeld

Ainsi , la vie de tout Recouvrance reste rythmée par les horaires, par les bruits, par les activités de la Marine. Au flots majeurs que canalisent les portes Jean Bart et Caffarelli, s'ajoutent des vagues brèves : Ici, rue de Pontaniou, à l'entrée ou à la sortie de l'Arsenal et là, place Jean Bart, devant la caserne des marins, à l'heure des permissionnaires. Assurément, cette modeste caserne n'a rien de comparable à l'immense dépôt des équipages de la flotte où l'on pouvait au XIXème siècle, loger et équiper trois mille deux cents matelots. Et ses bâtiments parallèles n'ont guère de parenté avec les constructins à l'angle droit, d'environ cent vingt mètres de long qu'éléva CHOQUET DE LINDU en 1766 et que TROTTÉ DE LA ROCHE surhaussa de deux étages vers 1842-46. Le nom de Cayenne s'en est perdu : Lui qui rappelait sans doute l'échec de la colonisation en Guyane et le rapatriement des troupes après le désastre de Kourou(1763). Mais son espace marque encore le quartier car un jardin public, où s'affrontent les boulistes et s'amusent les enfants, occupe l'essentiel de l'ancienne cour. Si la fonction s'est modifiée, le deuxième dépôt habite toujours les mémoires.


gravure plateau des Capucins 1865

Plus impressionnants sont les ateliers des Capucins qui bloquent le quartier au nord. L'appellation ramène à un ancien couvent acheté par Louis XVI, juste à la veille de la Révolution et attribué à la Marine en 1791. Leur développement fut en rapport direct avec la mutation décisive après 1840, lorsque l'on passa lentement du bois au fer, pour la construction et de la voile à la vapeur, pour la propulsion. Le couvent, les jardins, le parc firent place à trois grandes halles parallèles de cent cinquante mètres de long et seize de large, jointes par des annexes à peine plus basses. Bref, on couvrit, entre 1858 et 1864, deux hectares et demi. « Établissement grandiose », que l'on croyait en 1866, « sans rival en Europe ». Ces ateliers géants que l'Empire destinait à la construction des machines, continuent, cent trente ans plus tard, à dominer le plateau, vingt cinq mètres au dessus du quai. Et la porte unique du Carpon, à lier la Ville et l'Arsenal...
Ces quelques exemples actuels établissent sans conteste que les mobiles qui poussèrent à la création du quartier sont les mêmes qui guidèrent son développement, le même encore qui le font vivre aujourd'hui. Oui, dans son espace comme dans sa raison d'être, Recouvrance est le quartier de la pérennité ... »

Extrait du livre « RECOUVRANCE » par « les Amis de Recouvrance » 1988,
chapitre «  Permanence et renouveau » écrit par René LE BIHAN, ancien conservateur du musée de Brest, pages 174-175.

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«  Le circuit est achevé ; parti de la Marine , on y revient.
Le constater, c'est saisir au coeur la différence entre Recouvrance et les autres noyaux anciens de l'agglomération, qu'il s'agisse de Saint-Martin, autour de l'église et de la Place Guérin, ou bien de Saint-Michel et de la Place Sanquer.
Tous deux furent crées sous le second empire - l'annexion de 1861-au temps même où la rive droite prenait la forme dense qui est depuis la sienne, mais tous deux vivent au rythme, si boiteux qu'il puisse être, de l'activité civile.
Rien d'analogue entre le Carpon et la Pointe.
Si demain, les quais et les bassins de Lanninon s'animent de la construction du porte-avions à propulsion nucléaire puis de quelques bâtiments nécessaires, le quartier connaîtra un renouveau de population et de services. Le moteur principal de la renaissance après-guerre ne fut-il pas la décision, prise en 1946, de refondre et d'achever le cuirassé Jean Bart ? En 1932, l'écrivain Jakez Riou, qui en connaissait les milles recoins, affirmait : « Recouvrance, c'est l'escadre... profit de toute la cité » .
Cela est toujours vrai : Peu d'endroits, où le lien se révèle, aussi durable entre un quartier – à la suite la communauté entière- et les activités variées de la Marine Nationale.
Que l'on sonde l'avenir ou que l'on regarde le passé, il n'est d'autre alternative.
On comprend aussi la décision de Jo Gentil, conseiller délégué à la Culture, de rebaptiser Mac Orlan le vieux cinéma Paris, que la municipalité précédente avait acquis et rénové (1982).
«  L'ancre de miséricorde », pour romanesque qu'elle soit, et les gabiers se sont, aux cahots de deux siècles, transformés en sous-marins nucléaires et en veilleurs tous temps.
L'intimité avec la vague s'est éloignée, l'échange avec la brise a disparu, remplacés par la détection lointaine et l'attention aux cadrans. Mais le rêve est vivace, celui du départ et de l'aventure, celui du retour et du plaisir.
La réalité suit : Bruits nocturnes et éclats de voix, voitures alignées et volets ouverts sont signes invariants. Les hommes passent, les faits persistent.


On l'a compris, RECOUVRANCE n'est pas un lieu parmi d'autres ; C'est un symbole.
Aussi importe-il qu'il conserve entière sa spécificité, qu'il échappe à la répétition technicienne ; aussi importe-il qu'il s'oriente vers l'avenir, qu'il saisisse les chances de la modernité. L'image de Recouvrance ne peut se figer ; Elle doit s'enrichir du futur afin de demeurer lisible, partout identifiable.
La symbolique d'une ville dépasse certes les contraintes d'un moment ou les rigueurs d'une décennie. Mais elle peut se durcir et se briser sous les mauvais traitements.
A l'inverse, elle s'épanouit lorsque la clairvoyance des élus, le savoir-faire des aménageurs, la participation des habitants se lient pour réaliser des projets adaptés dont un élément – ici, une ligne de verdure, là un signal lumineux, plus loin un emblème audacieux- prend valeur universelle et porte alors l'image locale jusqu'aux limites du monde. »


René LE BIHAN, ancien conservateur du musée de Brest.
Extrait du livre « RECOUVRANCE » par « les Amis de Recouvrance » 1988,
chapitre «  Permanence et renouveau » page 188

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Films d'archives US National - BREST 44

Les hommes de la 29 ème division d'infanterie américaine ont chassé les derniers ilots de résistance allemande à l'ouest de Brest.

Men of the 29th Infantry Division are mopping up last pockets of German resistance west of Brest. After reducing strongholds in the St Pierre area, U.S. troops enter the outskirts of the city in Recouvrance.

Source: 1944 AMERICANS IN BRITTANY - THE BATTLE FOR BREST by Jonathan Gawne (Histoire & Collections).


29th in Brest
envoyé par brest44

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~se promener sur les photos~

Pavés de la Rue Saint Malo
(Voir la page spéciale Rue Saint Malo, vestige du vieux Brest à Recouvrance)

pavés de la Rue St Malo après travaux de voierie et repavage 1999

Il n'y a pas si longtemps, l'angle de la Rue de la source et de la rue abbé Rochon, les immeubles qui abritaient le bar des Yannicks et un autre commerce ont été rasés pour laisser place à ...

Bar des Yannicks

Rue de la source

Image : Les immeubles et le bar des Yannicks 1987, photo Jean Moreau / Image survolée : le plan relief 1810 de Brest

... une pelouse, un emplacement de containers tri-point sélectif,
et offre une vue sur les ateliers des Capucins désertés en 2004 sur le plateau de 12 hectares qui fait l'objet d'un immense projet immobilier qui verra le jour en 2016.

16 rue Lars
une ancienne maison de maître dont l'entrée est surmontée du blason en kersantite du maître-serrurier Charles Bruslé, caractérisé, notamment par la présence d'un compas, d'une clef et d'une équerre taillés dans la pierre. La sculpture est datée de 1759. Au fond de la cour « un puits taillé et percé dans le roc », indispensable car les points d'eau de la ville n'étaient pas assez nombreux à l'époque .

Un paté de maison, rasé au milieu des années 1990, entre la rue caserne des marins et la rue quartier maître Bondon, tout près du Pont de Recouvrance, au grand désespoir de Marie-Odile, dernière habitante et tenancière du tabac-crêperie ouvert du soir jusqu'à l'aube.
(photos Jean Moreau 1987)

paté de maison rasé entre la rue caserne des marins et la rue quartier maître Bondon


Merci à Jacques Coat de nous transmettre cette photo
de sa mère et de sa grand-mère datant de 1926-1927

Les nombreux commerces, bars et restaurants réputés pour leurs vies animées et nocturnes depuis quelques siècles, Rue Borda et Rue Vauban ont quasiment tous fermé dans la dernière décennie, et les devantures disparaissent pour être transformés en logement

Eue Borda et rue Vauban 1987

Depuis les Opérations Programmées pour l'Amélioration de l'Habitat et autres Opérations de Renouvellement Urbain lancés depuis les années 80, les anciens quartiers de Brest et de Recouvrance changent et changeront inexorablement de visages dans les prochaines années. Dommage que les ilots de constructions modernes démesurés défigurent ses quartiers, déplacent des populations souvent défavorisées vers les grands ensembles immobiliers des ZUP construites pour loger les ouvriers et travailleurs étrangers invités à immigrer pour la reconstruction de la France d'après guerre entre 1959 et 1967

La radicalisation de ce nouvel urbanisme pourrait bien faire perdre leur âme à ces quartiers populaires empreints d'histoire ...

 

 

 

 

 

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